House of the Rising Sun
« On dirait bien que je m'en suis encore sorti indemne ». Ca, c'est ce que pense chacun de mes neurones ce matin. Ayant vu passer tant de flashs de vodka durant la nuit, il est facile de comprendre le soulagement ressenti par mes microcellules, et ce, toutes microcellules qu'elles soient.
Tandis que mes neurones comptaient leurs morts ; mon corps assis sur un canapé Ikea bleu tentait de rassembler ses pensées en même temps que mes affaires. Peu aidé par mes cellules grises (qui parlaient déjà de « shoah à l'absolut »), il mit vingt bonnes minutes.
Peu à peu l'hémisphère droit de mon cerveau reprenait contact avec le gauche, la connexion rétablie, il était maintenant venu le temps de la reconstruction, ce qui incluait bien sur la conférence de Yalta dans mon lobe temporal.
Les pourparlers n'en finissant pas (micro Churchill menaçait un boycott total de la vodka, ce qui mettait micro Staline hors de lui), je du demander un Aspégic à la fille chez qui j'avais couché, et déjà je m'extirpais de l'appartement fuyant la fille avec qui j'avais couché.
Alors dans la rue seulement, le médicament commença à faire effet, ce qui indiquait que le peu de bouillie qu'il restait de ma cervelle accueillait les casques bleus à bras ouverts. C'était le temps de la paix. Le führer « eristoff » abdiquait, certes, mais laissait le pays en ruine derrière lui ; la journée serait encore longue.
Le vent projetant de fines gouttelettes de pluie dans ma face qui portait encore les stigmates d'une mémorable cuite mondaine me fit un bien fou. Ce genre de situation, c'est la moitié la moins désagréable de mon job, l'autre partie c'était hier soir, à la soirée : Je suis gigolo.
Je sais. Gigolo. C'est pas vraiment le genre de métier dont on rêve à l'école primaire. Mais moi aussi j'ai eu une période pompier vous savez. La vie prend parfois des tournants inattendus. En fait, elle ne prend que ca, la vie c'est un peu Sébastien Loeb bourré jusqu'aux os qui fait un contre la montre a bord d'un tricycle dans le souk de Marrakech avec une pom-pom girl seins nus qui le suce. Et jour d'affluence en plus. Bref, tout ca pour dire que la conversation suivante n'a jamais eu lieu :
_ Mme Dubois (c'est ma méritante maitresse de CE1) : « Et toi mon petit ; qu'est ce que tu veux faire quand tu seras grand ? » (Ma maitresse me parlait exactement comme au trisomique de la classe).
_ Moi : « Eh bien, j'ai prévu d'entamer une petite carrière de gigolo, et je m'attend à votre réaction quelque peu réactionnaire, mais sachez que cela ne se fera pas sans travail, et que si cette profession n'est pas officiellement reconnue en tant que telle, elle n'en reste pas moins une vocation toute aussi honorable qu'un poste dans l'éducation nationale payé une misère, pour prendre un exemple fortuit. Et bien évidemment cela m'apportera une sécurité financière non-négligeable qui pourra vous faire penser Mme Dubois que, oui, je gagne 100 fois votre salaire en baisant occasionnellement 4 à 5 vieilles peaux dans votre genre (mais dans un style indéniablement plus bourgeois cela dit). Sur ce, je pense qu'il est l'heure de mon jus d'orange. »
Par exemple là, ca aurait été pour ma pauvre Mme Dubois comme la vision d'un Sébastien Loeb pédalant entre des plats à tajines projetés par la force surhumaine de Maïté s'étant fait amputée de sa jambe par le tricycle fou alors qu'elle essayait des babouches irlandaises.
Je crois que je ne pourrais pas dater le moment ou j'ai choisi ce mode de vie, il s'est plus ou moins imposé à moi, sans que je ne le visse venir, (je ne suis pas sur de l'orthographe de « visse »). Ce qui est sur, c'est que maintenant je n'abandonnerai pour rien au monde. Je mène la grande vie, et même si les femmes que je côtoie... Bon d'accord ; même si les femmes que je fais plus que côtoyer ont, au bas mot, l'âge de ma mère, ma vie n'est pas triste pour autant. Il faut que vous sachiez quelque chose: le point-compté, les ballades en foret, les caniches le bridge et Julien Lepers n'existent pas chez les vieux riches.
Comme tous les riches qui n'ont plus de préoccupations autres que leur teint dans le miroir, les vieux riches refusent de vieillir davantage et freinent alors des deux pieds quand il s'agit de souffler une bougie, même si celle-ci est fièrement plantée au sommet d'une pile de macaron Hérmé à 4 euros pièce. Ainsi mes vieux à moi sont avant tout : shots de tequila, Bahamas, vacances nip/tuck, shots de gin, yatchs, shots de vodka, Miami, ray ban, dix-huit trous, shots de tout-ce-qui-passe, caniches et fourrure, (et parfois même, les deux derniers en même temps. Si je le jure). Et oui, finalement les caniches semblent être le seul point commun entre vos vieux et les miens. Mes vieux riches sont des jeunes cons, ils se plaignent que Swarowski devienne de plus en plus financièrement accessible, ils ne connaissent pas le nombre de chevaux dont ils sont propriétaires, ils engloutissent du Jack Daniels pour oublier leur cirrhose, ils finissent par ne plus voir qu'en bleu à cause de leurs pilules contre « l'arthrose » (mon cul, ouais), certains d'entre eux sont même conscient qu'à leurs âges conduire une BMW est beauf. Bref, ce sont des mutants que la science sponsorise à coup de bistouris et de crème tonifiantes, la société se charge de la pub.
« On dirait bien que je m'en suis encore sorti indemne ». Ca, c'est ce que pense chacun de mes neurones ce matin. Ayant vu passer tant de flashs de vodka durant la nuit, il est facile de comprendre le soulagement ressenti par mes microcellules, et ce, toutes microcellules qu'elles soient.
Tandis que mes neurones comptaient leurs morts ; mon corps assis sur un canapé Ikea bleu tentait de rassembler ses pensées en même temps que mes affaires. Peu aidé par mes cellules grises (qui parlaient déjà de « shoah à l'absolut »), il mit vingt bonnes minutes.
Peu à peu l'hémisphère droit de mon cerveau reprenait contact avec le gauche, la connexion rétablie, il était maintenant venu le temps de la reconstruction, ce qui incluait bien sur la conférence de Yalta dans mon lobe temporal.
Les pourparlers n'en finissant pas (micro Churchill menaçait un boycott total de la vodka, ce qui mettait micro Staline hors de lui), je du demander un Aspégic à la fille chez qui j'avais couché, et déjà je m'extirpais de l'appartement fuyant la fille avec qui j'avais couché.
Alors dans la rue seulement, le médicament commença à faire effet, ce qui indiquait que le peu de bouillie qu'il restait de ma cervelle accueillait les casques bleus à bras ouverts. C'était le temps de la paix. Le führer « eristoff » abdiquait, certes, mais laissait le pays en ruine derrière lui ; la journée serait encore longue.
Le vent projetant de fines gouttelettes de pluie dans ma face qui portait encore les stigmates d'une mémorable cuite mondaine me fit un bien fou. Ce genre de situation, c'est la moitié la moins désagréable de mon job, l'autre partie c'était hier soir, à la soirée : Je suis gigolo.
Je sais. Gigolo. C'est pas vraiment le genre de métier dont on rêve à l'école primaire. Mais moi aussi j'ai eu une période pompier vous savez. La vie prend parfois des tournants inattendus. En fait, elle ne prend que ca, la vie c'est un peu Sébastien Loeb bourré jusqu'aux os qui fait un contre la montre a bord d'un tricycle dans le souk de Marrakech avec une pom-pom girl seins nus qui le suce. Et jour d'affluence en plus. Bref, tout ca pour dire que la conversation suivante n'a jamais eu lieu :
_ Mme Dubois (c'est ma méritante maitresse de CE1) : « Et toi mon petit ; qu'est ce que tu veux faire quand tu seras grand ? » (Ma maitresse me parlait exactement comme au trisomique de la classe).
_ Moi : « Eh bien, j'ai prévu d'entamer une petite carrière de gigolo, et je m'attend à votre réaction quelque peu réactionnaire, mais sachez que cela ne se fera pas sans travail, et que si cette profession n'est pas officiellement reconnue en tant que telle, elle n'en reste pas moins une vocation toute aussi honorable qu'un poste dans l'éducation nationale payé une misère, pour prendre un exemple fortuit. Et bien évidemment cela m'apportera une sécurité financière non-négligeable qui pourra vous faire penser Mme Dubois que, oui, je gagne 100 fois votre salaire en baisant occasionnellement 4 à 5 vieilles peaux dans votre genre (mais dans un style indéniablement plus bourgeois cela dit). Sur ce, je pense qu'il est l'heure de mon jus d'orange. »
Par exemple là, ca aurait été pour ma pauvre Mme Dubois comme la vision d'un Sébastien Loeb pédalant entre des plats à tajines projetés par la force surhumaine de Maïté s'étant fait amputée de sa jambe par le tricycle fou alors qu'elle essayait des babouches irlandaises.
Je crois que je ne pourrais pas dater le moment ou j'ai choisi ce mode de vie, il s'est plus ou moins imposé à moi, sans que je ne le visse venir, (je ne suis pas sur de l'orthographe de « visse »). Ce qui est sur, c'est que maintenant je n'abandonnerai pour rien au monde. Je mène la grande vie, et même si les femmes que je côtoie... Bon d'accord ; même si les femmes que je fais plus que côtoyer ont, au bas mot, l'âge de ma mère, ma vie n'est pas triste pour autant. Il faut que vous sachiez quelque chose: le point-compté, les ballades en foret, les caniches le bridge et Julien Lepers n'existent pas chez les vieux riches.
Comme tous les riches qui n'ont plus de préoccupations autres que leur teint dans le miroir, les vieux riches refusent de vieillir davantage et freinent alors des deux pieds quand il s'agit de souffler une bougie, même si celle-ci est fièrement plantée au sommet d'une pile de macaron Hérmé à 4 euros pièce. Ainsi mes vieux à moi sont avant tout : shots de tequila, Bahamas, vacances nip/tuck, shots de gin, yatchs, shots de vodka, Miami, ray ban, dix-huit trous, shots de tout-ce-qui-passe, caniches et fourrure, (et parfois même, les deux derniers en même temps. Si je le jure). Et oui, finalement les caniches semblent être le seul point commun entre vos vieux et les miens. Mes vieux riches sont des jeunes cons, ils se plaignent que Swarowski devienne de plus en plus financièrement accessible, ils ne connaissent pas le nombre de chevaux dont ils sont propriétaires, ils engloutissent du Jack Daniels pour oublier leur cirrhose, ils finissent par ne plus voir qu'en bleu à cause de leurs pilules contre « l'arthrose » (mon cul, ouais), certains d'entre eux sont même conscient qu'à leurs âges conduire une BMW est beauf. Bref, ce sont des mutants que la science sponsorise à coup de bistouris et de crème tonifiantes, la société se charge de la pub.
